SDES : l’eau devient préoccupation croissante des Français

Le Service des données et études statistiques (SDES) a publié les résultats de deux baromètres d’opinion qui suivent l’appropriation des enjeux environnementaux par les Français. L’année 2025 montre une préoccupation majeure pour l’eau.

Alors que le changement climatique continue à occuper la première position (29 %), la pollution de l’eau, des rivières et des lacs grimpe à la troisième place (16 %) avec une progression de 5 points en un an. Il s’agit de son plus haut niveau depuis 2011. Elle se situe juste derrière les catastrophes naturelles (inondations, tempêtes…) (20 %).

Le SDES explique cette hausse par l’émergence de nouvelles connaissances sur la problématique de PFAS dans les ressources en eau et la forte médiatisation du sujet.

A la question de savoir quelles sont les deux actions à prioriser par l’État en matière environnementale, la lutte contre la pollution de l’eau, des rivières et des lacs arrive en tête. Près de 22 % des enquêtés la sélectionnent en premier ou deuxième choix, soit une augmentation de 7 points entre 2024 et 2025.

Ce constat montre que les Français ne voient plus l’eau comme une ressource inépuisable et pure mais comme un milieu vulnérable dont la dégradation peut impacter leur quotidien. La santé de ces milieux est devenue un sujet d’inquiétude et une attente citoyenne forte dans le domaine de la protection de l’environnement.

L’enquête souligne également des disparités selon le profil des répondants :

  • Le clivage des diplômés : Les citoyens les plus diplômés sont deux fois plus nombreux (20 %) à placer la pollution de l’eau en tête de leurs soucis. À l’inverse, les moins diplômés se sentent plus vulnérables face aux catastrophes naturelles (30 %). Toutefois, les diplômés citent moins l’eau comme une priorité d’action dans le domaine environnementale (19 %) au profit du changement climatique (35 %). Les non-diplômés sont plus nombreux à voir l’eau comme une priorité (25%).

Ces résultats suggèrent que les collectivités territoriales doivent poursuivre leurs efforts de sensibilisation auprès de tous les publics afin de favoriser une gestion participative de l’eau et d’impliquer chaque usager dans la préservation de la ressource.

  • Le clivage urbain/rural : En ville, on s’inquiète surtout des vagues de chaleur (40 % dans les grandes agglomérations). Dans les territoires hors agglomération, le sentiment de vulnérabilité face aux épisodes météorologiques extrêmes (24%) est deux fois plus élevé qu’à Paris.

À cet égard, les collectivités territoriales doivent continuer à tenir compte de ces inquiétudes territoriales. Elles ont un rôle pivot pour déployer des solutions d’adaptation, notamment via la gestion durable des eaux pluviales et de ruissellement, la désimperméabilisation des sols et le renforcement des plans de prévention du risque inondation.

  • Le clivage générationnel : Si les autres catégories d’âge se focalisent sur le changement climatique comme une priorité en matière environnementale, la génération des 36-65 ans exprime une attente plus forte pour la protection de l’eau (25%).

Enfin, l’étude révèle une mutation de la demande d’information. Les Français ne veulent pas seulement savoir comment protéger la planète, ils veulent comprendre comment les problématiques environnementales les impactent directement.

Ainsi, ils souhaitent surtout être mieux informés sur l’impact de la pollution (eau, air, sols) sur la santé humaine (27 %, en première position), soit une progression de 7 points depuis 2023.

Sur ce point, les collectivités sont en première ligne pour répondre à ce besoin de transparence. Grâce à leur proximité, elles doivent renforcer la communication locale sur les conséquences sanitaires et sur la qualité réelle de l’eau distribuée.

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