Municipales 2026 : les propositions pour l’eau

L’eau au cœur des politiques publiques 

La gestion de l’eau apparaît plus que jamais comme un enjeu structurant pour l’action publique locale. Patrimoine commun de la Nation, la ressource en eau doit être préservée et gérée de manière équilibrée, à la fois pour répondre aux besoins actuels de la population et garantir sa disponibilité aux générations futures. Dans un contexte dominé par les conséquences du changement climatique et les effets des activités anthropiques, illustrés par des épisodes récurrents de sécheresse et de précipitations intenses, et par la persistance de pollutions diffuses ou ponctuelles, les collectivités territoriales sont en première ligne pour assurer la protection de la ressource, la sécurité sanitaire, la continuité des services et la prévention et la gestion des risques d’inondation. 

Les collectivités exercent en effet des compétences essentielles dans ce domaine : l’alimentation en eau potable, l’assainissement des eaux usées, la gestion des eaux pluviales et du ruissellement, ainsi que la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI). À travers ces responsabilités, elles contribuent directement à des enjeux majeurs de santé publique, de salubrité, de protection de l’environnement, mais aussi de production d’énergie, de développement de l’économie circulaire et d’attractivité des territoires. L’eau, indispensable aux activités humaines, se trouve ainsi au carrefour des politiques publiques locales et elle peut être une ressource limitante pour le développement des territoires. 

Ces enjeux sont marqués par de fortes interdépendances. Ils dépassent les limites administratives et impliquent des solidarités territoriales entre amont et aval, entre le milieu urbain et rural. Dans le même temps, cette politique interagit avec d’autres domaines de l’action publique locale : urbanisme et aménagement du territoire, développement économique, agriculture, alimentation, santé, biodiversité ou encore tourisme. Face à cette complexité, la cohérence des politiques publiques et leur décloisonnement à l’échelle locale sont incontournables. 

En tant qu’élu, vous avez un rôle déterminant à jouer en vous engageant dans les instances locales de gouvernance de l’eau, y compris lorsque vous n’êtes pas directement en charge des compétences relatives aux cycles de l’eau.  

C’est à partir des réalités rencontrées dans les territoires, que ce soit sur l’état de la ressource fragilisée, les risques sanitaires et environnementaux, les contraintes financières et autres difficultés croissantes, que la FNCCR formule ses propositions pour les élections municipales de 2026. 

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  1. Préserver et reconquérir la qualité des ressources en eau et milieux aquatiques  

La préservation de la qualité des masses d’eau est essentielle pour réduire les risques de pollutions de l’eau potable et conserver une capacité de distribuer de l’eau à un coût raisonnable. Une attention particulière doit être portée sur les activités urbaines, industrielles et agricoles à proximité des captages d’eau, des zones humides et des milieux aquatiques.  

  • Soutenir les actions de préservation de la qualité de l’eau dans les aires d’alimentation de captages 
  • Soutenir les actions des agriculteurs favorables à la qualité de l’eau et des milieux par de l’accompagnement technique et financier, l’achat de leur production locaux pour la restauration collective 
  • Intégrer dans les documents d’urbanisme (PLU/PLUi) des dispositions pour protéger les zones de captage et les zones humides notamment vis-à-vis des activités à risque pour l’eau potable et les milieux 
  • Élaborer une stratégie foncière pour la protection des captages qui peut inclure de l’acquisition de parcelles à enjeux et/ou la maitrise de l’usage de ces parcelles via des obligations réelles environnementales 
  • Réduire les risques de ruissellements en restaurant et préservant les linéaires de haies et de fascines, ainsi qu’en favorisant l’infiltration. 
  • Soutenir la restauration des milieux aquatiques (rétablir la continuité des cours d’eau et les reméandrer, restaurer et préserver les zones humides)  

La FNCCR vous accompagne et défend vos moyens d’actions :  

  1. Faire de l’assainissement des eaux usées un levier de la transition écologique et énergétique  

Les progrès obtenus en matière de salubrité et amélioration de la qualité de l’eau depuis la précédente directive (1991) ont été significatifs. La nouvelle directive (2024) oriente l’assainissement pour les 20 prochaines années au moins, afin de répondre à des nouveaux enjeux, tels que les pollutions chimiques diffuses, bactériologiques (surcharges des réseaux) ou virologiques (la récente pandémie). Sur la base des progrès dans les connaissances et technologies, la nouvelle règlementation ambitionne la reconquête de la qualité des milieux aquatiques et un renforcement de la santé publique. En tant qu’élu, vous pouvez : 

  • Soutenir le service public d’assainissement dans l’amélioration des performances de collecte et de traitement, notamment des micropolluants ; 
  • Fiabiliser le fonctionnement de l’assainissement collectif vis-à-vis des défaillances (service continu) ; 
  • Mener une politique de gestion/suivi des déversements EUND à l’assainissement  
  • Accompagner les particuliers à réhabiliter leurs installations d’ANC pour lutter contre les pollutions diffuses ; 
  • Délimiter le service collectif (zonage assainissement) et engager des études prospectives pour planifier son amélioration ; 
  • Mettre en adéquation les systèmes d’assainissement collectifs (collecte et traitement) avec l’amélioration de la qualité des milieux aquatiques ; 
  • Déconnexion, désimp,  
  • Autorisations et suivi des rejets industriels 
  • Contrôler les raccordements des immeubles 
  • Porter des projets de valorisation circulaire des ressources de l’assainissement : 
  • du potentiel de production d’énergie (biogaz, récupération de la chaleur), 
  • de fertilisation des sols (boues d’épuration et digestats de méthanisation), 
  • de réutilisation de l’eau traitée pour divers usages (irrigation de cultures, arrosage des espaces végétalisés, propreté urbaine) 

La FNCCR vous accompagne et défend vos moyens d’actions :  

  1. Protéger les territoires des inondations  

Avec le dérèglement climatique, le risque d’inondation par débordement et par ruissellement, ainsi que les coulées de boues, vont se multiplier et risquent de générer des dommages croissants. Les actions des collectivités permettent de prévenir les risques et de réduire les dommages : 

  • Introduire dans le règlement du PLU(i) des règles relatives à la résilience des projets d’urbanisme face aux risques d’inondation, à la protection des haies, à l’interdiction des constructions sur les axes d’écoulement ainsi que dans les espaces de mobilité des cours d’eau. 
  • Ralentir les écoulements grâce aux solutions fondées sur la nature (reméandrage des cours d’eau, restauration des zones humide, …) ; 
  • S’investir dans les instances de gouvernance locale (Commissions locales de l’eau, comités de pilotage des programmes d’actions de prévention des inondations, comités syndicaux des structures porteuses de SCoT) afin de s’assurer que la prévention et la gestion des inondations soient intégrées aux autres politiques publiques locales et réciproquement. 
  • Solliciter les aides de l’Etat (fonds de prévention des risques naturels majeurs, fonds vert) ainsi que de l’Union européenne (fonds structurels européens) et mutualiser l’ingénierie financière avec les autres collectivités. 
  • Diffuser et perpétuer la culture du risque auprès des citoyens, des services de la collectivité et des autres élus, afin que les choix opérés par les acteurs publics et privés ne génèrent pas ou n’aggravent pas les risques d’inondation. 
  • Établir un plan communal et intercommunal de sauvegarde. 

La FNCCR vous accompagne et défend vos moyens d’actions :  

  1. Garantir l’accès à l’eau potable et l’assainissement  

L’eau potable et l’assainissement des eaux usées sont essentiels à la satisfaction des besoins vitaux des populations. Certaines personnes rencontrent des difficultés pour accéder à l’eau faute de revenu suffisant ; certaines habitations isolées mais aussi des villages entiers se sont trouvés privés d’eau lors d’épisodes de sécheresse qui vont inévitablement se multiplier dans les années à venir. Les autres usagers (administrations, professionnels, industriels, éleveurs…) ont également besoin d’eau potable pour toute ou partie de leurs activités. Les communes et leurs groupements à travers leurs compétences en matière d’eau, d’assainissement, d’action sociale, d’urbanisme, développement économique peuvent améliorer cet accès.  

  • Réaliser un diagnostic d’accès à l’eau des populations et identifier les mesures pour améliorer cet accès y compris pour les habitations non-raccordables au réseau public 
  • Installer des bornes-fontaines et des WC dans les lieux publics et pour les populations précaires 
  • Mettre en œuvre des dispositions d’aides au paiement des factures d’eau et d’assainissement (tarification sociale, « allocations eau, chèques eau, accompagnement aux économies d’eau…)  
  • Favoriser la coopération entre collectivités pour sécuriser leur alimentation en eau interconnexions, regroupement… 

La FNCCR vous accompagne et défend vos moyens d’actions :  

  1. Infiltrer les eaux pluviales pour limiter les risques 

L’infiltration des eaux pluviales permet de limiter leur ruissellement et leur charge en polluants. Elle évite également leur transfert vers les réseaux publics d’assainissement qui, lors d’épisodes de fortes pluies, peuvent être saturés et provoquer des débordements vers les cours d’eau. La mise en place d’une gestion intégrée et durable des eaux pluviales, dans et hors zones urbanisées, constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience du territoire et favoriser son adaptation au changement climatique. 

  • Recourir aux solutions fondées sur la nature qui en contribuant à l’infiltration des eaux, favorisent la végétalisation et donc l’existence des îlots de fraicheur en été 
  • Engager des actions exemplaires de désimperméabilisation des sols (cours d’école, bâtiments et espaces publics, etc) 
  • Utiliser le PLUi pour limiter l’imperméabilisation et favoriser l’infiltration à la source 
  • Etablir un zonage pluvial pour identifier les mesures et actions à mettre en œuvre par tous les acteurs, en fonction du contexte et des enjeux locaux, et intégrer les prescriptions qui en découlent au PLU 
  • Déconnecter les eaux pluviales des réseaux publics d’assainissement pour éviter leurs débordements  

La FNCCR vous accompagne et défend vos moyens d’actions :  

  1. Économiser l’eau  

Les récentes sécheresses ont montré que l’eau n’est pas une ressource « abondante ».  Il est donc nécessaire de prendre des mesures concrètes de réduction des prélèvements et des consommations d’eau qui s’adressent à tous les acteurs du territoire (citoyens, entreprises, secteur public…) tout en prenant en compte les enjeux du territoire (croissance démographique, présence d’activités économiques et/ou touristiques plus ou moins périodiques, accessibilité, disponibilité et partage de l’eau entre les usagers…).  

Vos leviers sont :  

  • Équiper en matériel hydro-économe les bâtiments publics et en distribuer aux usagers ; 
  • Adapter les pratiques de gestion des espaces végétalisés  
  • Détecter et localiser les fuites et les réparer rapidement dans les réseaux publics et les installations intérieures ; 
  • Sensibiliser les usagers de l’eau à la rareté et à la vulnérabilité de l’eau et aux économies d’eau au travers d’une communication pédagogique ; 
  • Élaborer une stratégie tarifaire adaptée aux enjeux du territoire et de ses usagers ; 
  • Étudier le recours à l’utilisation de l’eau de pluie et à la réutilisation des eaux usées traitées au niveau domestique et des activités commerciales, agricoles et industrielles.   

Parce que ces actions engendrent un changement de paradigme dans nos usages de l’eau à toutes les échelles, leur mise en place demande un portage politique fort, affirmé et adapté au territoire. 

La FNCCR vous accompagne et défend vos moyens d’actions :  

  1. Financer les services  

Renouvellement des ouvrages vieillissant, adaptation au changement climatique, lutte contre les pollutions protection des populations et des biens contre les inondations, crues et submersions marines, les collectivités doivent faire face à un « mur d’investissement ». Si la mobilisation de la solidarité nationale et la meilleure application du principe « pollueur-payeur » sont essentiels mais dépendent en grande partie de l’État, les collectivités disposent de plusieurs leviers 

  • Élaborer des programmations pluriannuelles d’investissement adossées à des schémas directeurs ; 
  • Penser aux solutions fondées sur la nature et aux actions de préventions, souvent moins coûteuses à moyen terme et porteuses de co-bénéfices ; 
  • Associer les citoyens et les acteurs du territoire (CCSPL, panels…) aux diagnostics, identifications des priorités, choix des solutions proposées pour assurer leur adéquation aux enjeux et acceptation ; 
  • Adapter la tarification des services publics d’eau et d’assainissement pour compenser la nécessaire baisse des consommations (« effet ciseau ») ; 
  • Mobiliser les aides des agences de l’eau, du Fonds de prévention des risques naturels majeurs (« fonds Barnier »), des fonds européens etc. pour les investissements et les mesures de prévention (PSE, MAEC…) ; 
  • Affecter une partie des participations d’urbanisme au financement des investissements rendus nécessaires par les projets d’urbanisme (extension des réseaux, renforcement des stations d’épuration, DECI, ouvrages de protection contre les inondations… 
  • Recourir à l’emprunt pour les investissements ponctuels ou le rattrapage d’un retard d’investissement. 

La FNCCR vous accompagne :  

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