La FNCCR et France Eau Publique (FEP) prennent acte de l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole. Elles alertent sur plusieurs dispositions qui remettent en cause les principes du modèle français de gestion équilibrée et durable de l’eau.
Dans un contexte où le changement climatique intensifie les sécheresses, les tensions entre les usages et les pollutions diffuses, l’eau ne peut être gérée en opposant les besoins des territoires. Elle exige au contraire davantage de dialogue, de concertation et de vision à long terme.
📌 Nous alertons notamment sur :
➡️ un affaiblissement de la gouvernance locale de l’eau, au profit de décisions dérogatoires qui risquent d’accroître les conflits d’usages ;
➡️ une priorité donnée au stockage de l’eau, sans mobilisation suffisante des autres leviers d’adaptation (sobriété, efficacité des usages, évolution des pratiques agricoles) ;
➡️ un recul de la protection des zones humides, pourtant essentielles pour limiter les effets des sécheresses et des inondations ;
➡️ des mesures de protection des captages d’eau potable insuffisantes, alors que près de 20 millions de Français ont été alimentés en 2024 par une eau non conforme aux exigences réglementaires relatives aux pesticides et à leurs métabolites ;
➡️ un nouveau recul du principe pollueur-payeur, qui affaiblit les moyens d’action des agences de l’eau.
💬 Comme le souligne Jean-Luc DUPONT, président de la FNCCR :
« Lorsque la protection de la ressource recule, ce sont les collectivités qui doivent investir dans des traitements toujours plus sophistiqués pour garantir une eau potable conforme. Au final, ce sont tous les usagers qui en supportent le coût. La priorité doit rester la prévention des pollutions à la source. »
Nous tenons également à rappeler qu’il existe partout en France des partenariats réussis entre collectivités et agriculteurs pour protéger les captages d’eau potable. Ces démarches de terrain, fondées sur la confiance et la coopération, démontrent qu’il est possible de concilier activité agricole et préservation de la ressource.
🔎 Nous serons pleinement mobilisés lors de l’élaboration des décrets d’application afin de défendre les principes de la gestion équilibrée et durable de l’eau et, si nécessaire, d’utiliser toutes les voies de droit pour préserver ces équilibres.