La FNCCR a récemment contribué à la mission d’information « flash » de l’Assemblée nationale sur la décarbonation du transport routier de marchandises (rapporteurs : Jean-Marie Fiévet et Gérard Leseul)
Quelques constats clés :
- Le parc de poids lourds bas carbone progresse, mais reste encore marginal (environ 25 000 véhicules au BioGNV/GNV et 2 000 électriques en France).
- La trajectoire d’électrification est ambitieuse… mais aujourd’hui encore loin du compte.
- Le principal verrou ? Le déploiement des infrastructures, en particulier la recharge pour poids lourds, qui accuse un retard structurel.
Un enjeu critique : les infrastructures
Contrairement aux véhicules légers, le déploiement des bornes pour poids lourds repose encore largement sur des initiatives privées. Résultat : un risque réel de décrochage, accentué par :
- des besoins de puissance très élevés (jusqu’à 1 MW par point de charge),
- des délais de raccordement longs,
- une planification encore insuffisamment partagée.
Une conviction forte : pas de solution unique
La décarbonation du transport lourd reposera sur un mix énergétique
Le BioGNV se distingue aujourd’hui comme une alternative crédible au diesel :
- jusqu’à -80 % d’émissions de CO₂ (cycle de vie),
- une infrastructure déjà déployée,
- un coût d’exploitation compétitif.
Mais attention aux signaux réglementaires : marginaliser certaines solutions dès aujourd’hui, c’est prendre le risque de freiner la transition à court terme.
En résumé, réussir la décarbonation des poids lourds suppose d’agir simultanément sur :
- les infrastructures,
- les modèles économiques,
- et la neutralité technologique.
Un chantier collectif, qui appelle une mobilisation coordonnée des acteurs publics et privés.